La multinationale suisse lance une vaste opération d'amélioration de la qualité et augmention de la quantité du café pour un montant de 390 millions d'euros. Le leader mondial de l’alimentation, connu sur ce segment avec entre autres les marques Nescafé, Nespresso ou Dolce Gusto, va former des milliers d’agriculteurs ces prochaines années tout en leur offrant, de manière non désintéressée, 220 millions de nouveaux plants de café aux planteurs de plusieurs pays, du Mexique à l'Indonésie en passant par le Vietnam, les Philippines, la Thaïlande, la Chine et l'Afrique, qualifiés de «hautement productifs et résistants aux maladies».
La multinationale, établie à Vevey, ne possédera pas directement ces plantations et ne signera pas davantage de contrats exclusifs ou contraignants avec ces fermiers. Mais le directeur général de la société, Paul Bulcke, espère que ces relations privilégiées, passant aussi par de l’assistance technique avant, pendant et après les récoltes, les conduiront à livrer en premier lieu Nestlé.
«Nous ne devons pas simplement être le plus grand acheteur mondial de café, mais aussi nous engager plus en amont.» Moins prosaïquement, le Nescafé Plan, nom de cette offensive, comporte un ensemble d’objectifs qui doivent aider Nestlé à optimiser davantage sa chaîne d’approvisionnement en café.
Cette initiative fait partie des efforts soutenus que fournissent les géants mondiaux de l’alimentation à l’image de Kraft Foods, Unilever ou Danone pour un meilleur contrôle de certaines matières premières essentielles à leur production (cacao, café, sucre, lait, etc.). Nestlé avait récemment lancé un programme pour encourager la production à grande échelle de plants de caféiers robusta, de qualité et de rentabilité supérieures en Afrique. Il en avait fait de même avec le cacao en Côte d’Ivoire.
Cette sécurité de l’approvisionnement est devenue encore plus cruciale ces dernières années, en raison de la très forte volatilité des prix des matières premières. Les tarifs des grains de café ont récemment atteint un plus haut en treize ans en raison du mauvais temps et, de facto, de récoltes moins abondantes. Il y a deux semaines, lors de la publication de ses résultats semestriels, Nestlé affirmait s’attendre à un second semestre «plus difficile» que le premier, notamment en raison de l’évolution erratique des prix de ces matières.