Denner a gagné une manche. Selon la décision du Tribunal de commerce de Saint-Gall tombée vendredi, le casseur de prix détenu par Migros pourra commercialiser à nouveau ses capsules de café compatibles avec les machines Nespresso. L’interdiction prononcée le 11 janvier dernier a été levée. Toutefois, la filiale de Denner ne pourra plus recourir à son slogan «Denner – quoi d’autre?», trop proche de celui de Nespresso «What else?», prononcé par son icône George Clooney.
Chez Denner, on se réjouit énormément de cette décision. «Nous comptons redémarrer progressivement la vente, probablement en Suisse alémanique d’abord. Il faudra attendre trois semaines au minimum », a indiqué Nicole Schöwel, porte-parole du casseur de prix.
Chez le fournisseur de capsules de Denner basé dans les Grisons, on oscille entre soulagement et satisfaction. Les 25 collaborateurs licenciés en janvier dernier seront rappelés. «Je reste confiant de pouvoir réengager la majorité d’entre eux. Pour ceux qui ont déjà trouvé une alternative, nous devrons chercher des remplaçants. La production redémarrera lundi», a relevé vendredi Michele Orsi, directeur général d’Alice Allison. Autre concurrent de Nespresso, le fondateur d’Ethical Coffee Jean-Paul Gaillard ne se dit pas surpris par cette décision de justice, lui qui commercialise des capsules de café en France via la chaîne Casino. «La guerre lancée par Nestlé était perdue d’avance. Jamais, à leur place, je n’aurais lancé une bataille judiciaire en ayant autant de chance de gagner qu’à la loterie», a-t-il lancé avec ironie.
Face à la décision du tribunal, Nespresso, filiale de Nestlé, se défend dans un communiqué publié vendredi. «Cette décision superprovisionnelle ne porte pas sur le fond de l’affaire. Elle ne préjuge en rien des décisions futures du tribunal en la matière. Nous sommes convaincus de la solidité de nos arguments juridiques et nous continuerons à donner suite à cette action en vue de protéger nos droits de propriété intellectuelle», y lit-on.