Soupçons», « espionnage industriel », « brevets », « contrefaçons », « informations pointues » : fini les romans de John Le Carré ; oubliez James Bond et OSS 117. Bienvenue dans le joyeux monde de l'industrie du café ! Venu récemment présenter sa société Ethical Coffee Company basée à Ville-la-Grand, le PDG Jean-Paul Gaillard s'est montré foncièrement cachottier : pas de visite de l'entreprise et des chiffres délivrés au compte-gouttes lors de cette première "officielle" sur notre territoire pour cette société suisse qui a pour ambition de concurrencer le géant Nestlé sur le marché des capsules à café.
Un business qui se chiffre en milliards et sur lequel Ethical Coffee a misé gros. « Rien n'est impossible » , explique J.-P. Gaillard, bien décidé à se faire un nom grâce à un produit « moins cher de 25 % que Nespresso et totalement biodégradable. » Ancien de chez... Nestlé, J.-P. Gaillard a jeté son dévolu sur l'agglomération annemassienne avec gourmandise.
« J'aime la France », explique celui dont le grand-père avait rejoint la France libre en 1939.
« Et puis on trouve ici des gens travailleurs. Enfin, la France fait partie de l'Union européenne : c'est important pour nous. »
Présent dans les anciens locaux de la société Bruno Tavelli, Ethical Coffee Company a timidement débuté par la réalisation de capsules d'essai et de marché. Mais l'investissement est lourd : près de 5 millions d'euros pour une seule ligne de production, ainsi que l'embauche de 30 collaborateurs dans un premier temps, puis 90 de plus pendant l'été (techniciens et conducteurs de ligne en grande majorité). « Notre carnet de commande est plein pour 3 à 4 ans », assure J.-P. Gaillard.
Actuellement disponibles chez Casino, les capsules Ethical Coffee (5 variétés en tout) feront en avril prochain leur apparition sur les étals de Monoprix, Franprix et Leader Price. Soit des milliers de points de vente en France.
Une perspective qui laisse entrevoir l'implantation d'une autre entreprise « dans un rayon de 30 à 40 km depuis le jet d'eau de Genève », indique J.-P. Gaillard. Deux pistes seraient actuellement scrutées à la loupe : l'une menant au site Altea et une seconde « à l'étude » et jalousement gardée secrète.
Ce qui est sûr en revanche c'est que la société ne compte pas dilapider son argent en bâtiment. « L'argent va dans les machines à fabriquer le café », martèle celui qui se veut proche de son personnel. « On peut être chef d'entreprise et rester un humaniste », résume J.-P. Gaillard. Amen.
source : PHILIPPE VACHEY - lemessager.fr