Grâce à ses trouvailles ingénieuses – dosettes Senseo et capsules utilisables sur les machines du concurrent Nespresso – le numéro 3 du secteur peut vendre le café au prix fort. Parole d’épicier, c’est l’un des plus beaux cartons de 2010. Depuis que Maison du Café a lancé, en avril dernier, ses fameuses capsules L’Or compatibles avec les machines du concurrent Nespresso, c’est la ruée dans les supermarchés. «Les premiers jours, nos clients allaient se servir directement sur les palettes», se souvient le directeur d’un Franprix parisien. Même stupéfaction au siège français du fabricant, à Villepinte : «Certains magasins ont dû rationner leurs clients pour que tout le monde soit servi», rapporte Martine Loyer, directrice marketing. Depuis, le succès ne se dément pas : 100 millions de ces capsules ont déjà trouvé preneur en neuf mois.
En allant ainsi marcher sur les plates-bandes de l’intouchable Nespresso, l’américain Sara Lee, propriétaire de Maison du Café, mais aussi de Senseo, savait qu’il jouait très serré. Nestlé croyait avoir trouvé la martingale imparable avec son fameux duo machine plus dosette, sa gamme de parfums à rallonge et ses boutiques de luxe. Et voilà qu’un coucou est venu faire son nid chez lui. Avec un allié redoutable : la grande distribution, pas mécontente de reprendre la main sur ce marché extrêmement juteux. Aujourd’hui, avec ses doses 10% moins chères (29 centimes au lieu de 33, en moyenne, chez Nespresso) et, surtout, accessibles dans des milliers de magasins, Sara Lee aurait déjà chipé 10% du business de Nestlé en France.
De quoi donner un sacré coup de fouet à ce groupe méconnu. L’américain est devenu le troisième torréfacteur mondial, avec un chiffre d’affaires de 3,2 milliards de dollars. Et son résultat d’exploitation, en hausse depuis trois ans, a atteint 586 millions de dollars en 2010. Ses plus belles performances, il les enregistre en France, son deuxième marché. Depuis 2002, ses ventes y ont plus que doublé (de 165 à 350 millions d’euros) et sa part de marché est passée de 16 à 25%, pour partie aux dépens du leader, Kraft (Carte noire, Grand’Mère…). «Et ce n’est qu’un début», pronostique Luc Van Gorp, le patron France.
source : capital.fr